samedi 1 juin 2019

une mère et son fils au mc Do






Un petit garçon tout content de passer sa journée avec maman, mange sa glace. Un trop plein enthousiasme, une folle gaieté, un peu trop de rêverie dans ses petits yeux brillants et c'est le drame. Il renverse sa glace et tache son tee-shirt. La mère hurle. Pourquoi tu ne fais pas attention ? tu es vraiment trop con ! A cause de toi on ne pourra pas aller chez tonton !
Tant de mots durs sortant comme des serpents venimeux de sa bouche. Chaque mot accablant encore un peu plus le petit qui ne comprenait pas. Non, qui ne comprenait pas, qu'avait il fait de si terrifiants pour blesser sa maman à ce point, pour être coupable, oui, coupable d'avoir tout gâché. Quelques minutes encore avant, il savourait cette journée, se délectait ce cette succulente crème glacée et avait milles projets tout à l'heure avec ses cousins. Mais cette stupide glace n'en a fait qu'à sa tête; elle a voulu couler sur son tee-shirt tout neuf. Elle a voulu faire mal à maman!

Mais le garçon pleurait; il ne comprenait toujours pas. La mère impassible continuait à intervalles réguliers de maugréer sa colère. Butée dans sa rancœur, elle ne voyait pas que son petit garçon avait mal, qu'il lui demandait pardon dans ses larmes, meme s'il ne comprenait toujours pas. La mère refusait de voir, ne pouvait s'avouer sa peine à elle aussi. Bien sûr elle aussi aurait voulu s'en foutre de ce stupide tee-shirt tout neuf, elle aurait voulu lui dire " ce n'est pas grave, ce n'est qu'un tee-shirt", ce n'est pas grave , on s'en fou ce que diront les gens et de toute façon ils ne diront rien, c'est juste un petit garçon qui vent de tâcher son tee-shirt. Mais elle ne pouvait pas se dire cela! Elle travaillait dur, avait du mal à finir le mois. Ce tee-shirt c'était sa fierté " eh vous avez vu, je suis une bonne mère, j'achète de beaux vetements à mon petit garçon" . Elle avait tellement peur qu'on la juge, elle, la mère pas très bien éduquée, qui a raté l'école, qui vit en HLM, qui n'est pas très bien habillée....On allait dire qu'elle s'occupait mal de son enfant, qu'elle lui laissait de vieux  vetements tachés. Elle avait même honte de se rendre chez son beau-frère ainsi. Elle préférait tout annuler. Oui c'est tout cela qu'elle voit dans cette tâche et comment peut-elle l'expliquer à son petit garçon ? Comment lui dire que sa mère est nulle ? Qu'il mérite une meilleure mère ? Pour les gens qui ont réussi, c'est seulement une tâche que personne ne remarquera plus que ça et puis même on a le droit de se tâcher encore plus lorsqu'il s'agit d'un enfant. Pour eux il n'y a aucune conséquence, aucune raison de changer leurs projets. Et même si tonton fait une remarque, on n'en rigolera gentiment tous ensemble. 

Mais elle , elle ne peut pas. Portant sa vie comme un poids, essayant chaque jour de garder la tête hors de l'eau, aveuglée par sa fierté de mère et en m^me temps engluée dans cet amour infini, elle ne s'empêcher d'hurler sur son fils, de le culpabiliser. Son fils qu'elle aime plus que tout. Pour qui elle donnerait sa vie sans hésiter. Ce fils qu'elle pense ne pas mériter. 
Ce jour là , c'est tout cet amour qu'elle aurait voulu crier mais la société l'a formatée a être forte, trop forte. Tellement forte, qu'elle ne sait plus quand elle doit se montrer féroce et quand elle doit lâcher prise.


jeudi 18 mai 2017

Promenade

  Un jour de beau soleil, je m’aventura dans le parc près du pont au bout du village. Dès mes premiers pas dans le sentier, j'étais asphyxié par tant de senteurs, du jasmin, du lilas, du lierre, des fougères et des narcisses. Mes narines s'engorgeaient de tant d'effluves qu'elles faillirent exploser en un arc-en-ciel olfactif. J'avançais paisiblement, les mains dans mes poches, admiratif de tant de beauté. Soudain, un arbre multicentenaire s'élevait devant moi. Il était si énorme que toute une famille d’écureuils aurait pu y vivre sans la moindre gêne. Il était splendide, fort et bienveillant.
Je me réjouissais de plus en plus de cette ballade improvisée. Que de bonheur dans cette verdure ! Que de gaieté dans cette vie végétale et colorée ! A la croisée d'un chemin, j’aperçus un petit cours d'eau en contre-bas. La fraîcheur de l'eau arriva jusqu'à moi et me fit tressaillir. Je décida de longer ce ruisseau tumultueux pour profiter un peu de sa douceur. J'étais enchanté du spectacle de l'eau qui claque contre les cailloux comme un petit poussin voulant sortir de son œuf.

Je commençais alors à sentir la fatigue et je chercha un coin tranquille et discret pour me reposer un peu . Je trouva très vite un lit de mousse verte et soyeuse à l'ombre d'un buisson. Je m'y arrêta et ferma les yeux quelques instants. Tout était parfait !


L'attente

  L'attente Comme au plus profond de l'abîme Comme si j'étais la victime  Comme dans un espoir infime Je t'attends,  Comme s...